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Mais qui succédera à Ben Bernanke ?

Depuis quelques semaines déjà, la question de la succession à la direction de la banque Centrale américaine fait débat.

 

Depuis quelques semaines déjà, la question de la succession à la direction de la banque Centrale américaine fait débat. Ben Bernanke, nommé par Georges W Bush en 2006 et reconduit par Barrack Obama en 2010 a d'ores et déjà annoncé, à demi-mots certes, qu'il ne souhaitait pas réaliser un 3eme mandat. Le président Obama a également admit que Bernanke « [était] déjà resté plus longtemps à ce poste qu'il ne le voulait et qu'il était supposé y rester ».


Les enjeux sont effectivement de taille. Depuis 2008, début de la crise des subprimes, les Etats-Unis vivent aux dépends de la FED et de ses injections de liquidités. Le bilan de cette institution est d'ailleurs représentatif de la tendance générale. Inférieur à 900 milliards il y a 6 ans, il dépasse aujourd'hui les 3000 milliards, conséquences des 85 milliards de dollars investis chaque mois dans l'économie via l'achat en masses d'obligations d'Etat.


La mission du prochain responsable sera prépondérente et les principaux experts s'accordent à dire que le plus beau cadeau de départ que pourrait faire Bernanke serait de mettre en place immédiatement une réduction des injections de liquidités afin d'encadrer tout de suite la stratégie de son remplaçant et de « planter le décor pour conserver une certaine continuité » estime Diane Swonk, économiste en chef de la firme de services financiers Mesirow Financial dans le Washington Post.


Le mandat de Bernanke est supposé prendre fin début 2014 mais le président américain a promis de nommer quelqu'un cet automne et fera une annonce afin de donner plus de détails quant à l'éventuel(le) successeur.
La campagne bat déjà son plein et Barrack Obama, qui doit décider avec l'aval du congrès, qualifie le poste comme l'un des plus important au monde. Les favoris sont d'ailleurs déjà connus. Parmi les différentes possibilités, deux sont particulièrement prises au sérieux.


Janet Yellen, soixante-six ans, actuel numéro deux de Ben Bernanke, a été retenue de par sa connaissance profonde de l'institution. Elle a effectivement réalisé près d'un tiers de sa carrière au sein de cette administration. Par ailleurs, en plus d'assurer une certaine continuité, Yellen est reconnue pour son intérêt porté vers l'économie réelle. Elle a toujours revendiqué l'importance du plein emploi au détriment de l'inflation et s'estime prête à tout tenter pour atteindre cet objectif. Enfin, d'un point de vue plus politique, Janet Yellen représente également ce que beaucoup de gens reprochent à Obama.

En accédant à la tête de la FED, elle serait potentiellement la première femme à exercer cette fonction. Chose que de nombreuses associations militantes et femmes politiques exigent. De surcroit, Yellen a reçu le soutien de près d'un tiers des démocrates au Senat, au même titre que celui de  Nancy Pelosi, chef des démocrates à la chambre des représentants.


Face à elle, Larry Summers, cinquante-huit ans, professeur à Harvard, ancien secrétaire au Trésor de Bill Clinton et ex-conseiller économique de Barrack Obama semble être en bonne position également. Larry Summers a joué un rôle important dans le soutien à l'industrie de l'automobile et dans le cadre du plan de relance post crise. Néanmoins, de nombreuses critiques persistent et beaucoup ne voit en lui qu'un économiste légèrement macho (ses déclarations sur les capacités de femmes en science sont sans équivoque) qui prône la déréglementation financière et qui a également permis aux banques de cumuler le statut de banque d'affaires et banque commercial.

Vendredi, on a pu observer dans la presse que la cote de Summers s'était emballée. Le candidat fait maintenant face à ses premières difficultés car en réponse à ça, des démocrates de la commission inter bancaire au Senat ont tenu à faire savoir qu'il n'avaliserait pas une telle nomination. Obstacle de taille que l'on imagine difficilement surmontable par le Congrès.

 

Sources : Challenge, Les Echos, La tribune