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En France, un accès à la propriété dégradé et des inégalités de plus en plus saillantes

Les résultats de l'étude menée par la DREES n'augurent rien de bon pour les ménages modestes qui désireraient devenir propriétaires d'un bien immobilier en France dans les années à venir.



 



Les résultats de l'étude menée par la Direction de la recherche, des Etudes de l'Evaluation et des statistiques (DREES) n'augurent rien de bon pour les ménages modestes qui désireraient devenir propriétaires d'un bien immobilier dans les années à venir. Le titre du rapport paru le 27 mai dernier parle de lui-même : Accès à la propriété, les inégalités s'accroissent depuis 40 ans.


 

L'accès à la propriété de plus en plus complexe pour les ménages modestes

En France, depuis la fin des années 1980 l'écart qui séparait les tranches les plus aisées de la population des plus modestes s'est creusé en termes d'accès à la propriété. Au cours des 40 dernières années les conditions se sont complexifiées et le taux de propriétaires a chuté chez les plus modestes alors qu'il s'est amélioré chez les plus aisés. Entre 1988 et 2013, la part des propriétaires chez les 25 ans 44ans les plus modestes a en effet été divisée par deux alors que celle des plus aisés a augmenté.
En 1973, 34% des ménages jeunes ménages modestes avaient acheté un bien immobilier, en 2013 seuls 16% de ces ménages n'étaient propriétaires de leur logement. A l'inverse le taux d'accès à la propriété chez les ménages les plus aisés qui était de 43% en 1973 s'élevait à 66% en 2013.




Pourquoi cet écart ?

Plusieurs facteurs tendent à expliquer ces inégalités croissantes. Tout d'abord la hausse des taux d'intérêts pratiquée à la fin des années 1980, suivie du doublement des prix de l'immobilier entre 1996 et 2000 ont considérablement limité l'accès au marché immobilier pour les jeunes ménages les plus modestes. Les politiques du logement établies à cette même époque n'ont quant à elles pas réussi à juguler ce processus et y ont même contribué dans un certain sens, révèle l'enquête. Enfin, c'est l'aide de la famille qui a joué un rôle prépondérant dans le renforcement de cet écart dans l'accès à la propriété. L'étude montre en effet que lorsqu'une aide familiale est reçue, la probabilité d'achat d'une première résidence augmente de 15% et que 40% des jeunes ménages ayant acheté un premier bien immobilier a bénéficié d'une aide de la famille. Et dans le domaine de l'aide familiale les ménages ne sont pas égaux. Si dans les années 2000 12% des 25-44 ans les plus aisés avaient reçu un héritage ou une donation seuls 4% des plus modestes en avaient bénéficiés. Un rapport de 1 à 3 explique cet écart d'accès à la propriété.
 



 Sources : Lemonde.fr, Drees.social-sante.gouv.fr