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Dossier spécial relance américaine (4/5): un regain de compétitivité

Grâce à la flexibilité du marché du travail et à la réduction des coûts de production, l'économie américaine retrouve de la compétitivité.

Nous poursuivons notre dossier spécial sur la reprise de la croissance américaine et abordons aujourd'hui les moyens que se sont donnés les Etats-Unis pour retrouver de la compétitivité. Alors que la Fed et sa politique monétaire interventionniste visent à redonner confiance aux ménages pour dynamiser la consommation, il était impératif pour les industries américaines de réagir afin d'amorcer leur reprise et de créer de nouveaux emplois.

Pour ce faire, de nombreuses entreprises ont taillé dans leurs effectifs ou ont demandé d'énormes efforts à leurs employés.

Le meilleur exemple revient certainement à l'industrie automobile, qui s'est retrouvé au bord du gouffre lorsque la crise a éclaté et qui, aujourd'hui, affiche des résultats très encourageants grâce à de nombreux sacrifices financiers et humains. En effet avant de pouvoir s'aligner sur la concurrence japonaise installée dans les états d'Alabama et de Géorgie et augmenter ses ventes de 14% par rapport à l'année dernière, le Big Three of Detroit, composé  de Ford, General Motors et Chrysler, a dû fermer une douzaine de vieilles usines, supprimer 70 000 emplois et réduire massivement les salaires de ses ouvriers (de 25 à 14 dollars de l'heure). L'unique syndicat automobile américain (UAW), qui possède toujours des parts de GM et de Chrysler, ne semble pas avoir opposé beaucoup de résistance, privilégiant ainsi la flexibilité du travail pour les constructeurs.

Dans le secteur de l'aéronautique, Airbus prévoit de délocaliser une partie de sa production à Mobile en Alabama afin de construire une cinquantaine d'appareils par an à partir de 2015. L'objectif principal pour l'avionneur européen est de réduire ses coûts de production en profitant notamment de la flexibilité du marché du travail locale. En effet l'affiliation à un syndicat en Alabama n'est pas obligatoire. L'autre avantage pour Airbus est d'éviter les taux de change car le marché aéronautique international est en dollars.

En 2008, les entreprises américaines avaient deux possibilités : délocaliser leurs activités afin de réduire leurs coûts de production et réaliser des efforts considérables pour accroître leur productivité. La flexibilité du marché du travail et l'attitude souvent plus compréhensive des syndicats pour conserver des emplois par rapport à l'Europe ont permis à ces entreprises de disposer d'un véritable avantage compétitif.

Par ailleurs les Etats-Unis ont fait beaucoup d'efforts pour attirer les entreprises sur leurs terres. Le coût du travail aux Etats-Unis est aujourd'hui 15% moins cher qu'en Europe. De plus grâce à l'exploitation du gaz et du pétrole de Schiste, la facture énergétique des entreprises diminuent significativement. Enfin avec 36% des dépenses mondiales en R&D (contre 24% pour l'ensemble de l'UE), les américains proposent un environnement propice à l'innovation.

En 2013 les géants américains Apple, Caterpillar et General Electric ont rapatrié certaines de leurs activités de production, dopant ainsi l'emploi industriel. Pour  Hal Sirkin, directeur associé senior du BCG à Chicago, "les Etats-Unis sont en train de devenir l'un des plus low cost des pays développés".

 

Sources: Challenges.fr , Lefigaro.fr , Leparisien.fr , Lesaffaires.com