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Dossier spécial relance américaine (3/5) : des coupes budgétaires sévères mais efficaces

Suite aux coupes budgétaires appliquées, les Etats-Unis ont réduit leur déficit de 7% à 4% du PIB

Faute d'avoir trouvé un accord entre Démocrates et Républicains, l'Etat américain se voit aujourd'hui contraint d'appliquer des coupes budgétaires sévères au niveau fédéral.

A l'origine de ce mécanisme se trouve le Sequester, élément prépondérant du Budget Control Act proposé en 2011 par la Maison Blanche et qui est entré en vigueur le 1er Mars 2013.

A l'origine, cette réforme du Sequester a  été proposée en 2011 par la Maison Blanche elle-même. Son fonctionnement est simple, appliquer un ensemble de coupes budgétaires drastiques sur différents secteurs de l'économie américaine et principalement les dépenses discrétionnaires (qui n'ont pas d'utilités directes). L'idée de l'administration Obama était de proposer une réforme tellement sévère qu'elle obligerait les élus à se mobiliser pour éviter sa mise en place. Mais, comme aucun accord n'a pu être trouvé entre Républicains et Démocrates (plus particulièrement sur les mesures restrictives concernant la modification de la dette et la réactualisation des budgets), les coupes ont été appliquées.

Les conséquences sont flagrantes : en seulement deux ans, les Etats Unis ont réussi à ramener leur déficit de 7 à 4%.  

  • Dans l'aviation civile, au ministère de la défense ou au sein du ministère de l'environnement, les coupes sont franches avec respectivement une diminution des salaires équivalentes à, 11 jours de congés sans solde, 1 journée de congés sans solde pour les 800 000 salariés que représente le Pentagone et une réduction de 20% des salaires pour le ministère de l'environnement.

  • Les conséquences sont également géopolitiques avec l'annulation de près d'un tiers des missions navales dont la sortie du porte avion Harry Truman dans le Golfe Persique (300 millions de dollars économisés)

  • Mais les retombées sont également sociales. Près de 750 000 emplois sont directement visés, les allocations chômages vont être réduites (11% pour les chômeurs de longue durée), les subventions familiales et les aides au logement sont également en jeu

L'impact sur l'économie réelle est donc non négligeable. 90 milliards d'économie chaque année et 4000 milliards d'ici 10 ans. Toutefois, le résultat est bien moins négatif que ce à quoi on s'attendait. Les Etats-Unis ont réussi à conserver une croissance à 2% (même 3% pour les prévisions 2014). Ces résultats s'expliquent sans doute par le fait que ces couples budgétaires sont réalisés en parallèle avec les mesures interventionnistes de la FED notamment. Beaucoup d'efforts restent à faire bien entendu (% d'endettement du pays, mais les Etats-Unis semblent engagés dans le processus de désendettement. Si les désaccords sont nombreux, la rigueur est admise et appliquée, à la différence des pays de l'UE.


Au niveau local également des coupes budgétaires sont réalisés.

L'exemple de la Californie est, à ce titre, le plus flagrant. Il y a deux ans, l'Etat emblématique de la côte ouest était déclaré en faillite et pointé du doigt comme la Grèce de l'Amérique.  Avec 12% de chômage et plus de 26 milliards de dettes, il n'aura fallu que 2 ans au gouverneur démocrate Jerry Brown pour rééquilibrer le budget et faire diminuer le chômage de plus de 2 points. Aujourd'hui, la Californie a même déclaré un excèdent de 785 millions de dollars.

 

Sources: lemonde.fr , challenges.fr , www.courrierinternational.com