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Dossier spécial relance américaine (1/5): une politique monétaire accommodante

Grâce à des taux directeurs très faibles et à l'injection de liquidités sur les marchés, la FED soutient activement la croissance américaine

Pour entamer ce dossier consacré à la reprise de l'économie américaine depuis quelques mois, nous avons décidé de nous focaliser sur la politique monétaire mise en place par la FED (Federal Reserve), la banque centrale américaine.


Depuis 2010, et sous l'impulsion de son président, Ben Bernanke, celle-ci cherche à lutter contre la crise en reversant de très nombreuses liquidités dans l'économie réelle. Chaque mois, ce sont en effet près de 85 milliards de dollars qui sont injectés sur le marché, via notamment des programmes massifs de rachat d'obligations. L'objectif d'une telle mesure est de diminuer les taux d'intérêts longs et de dynamiser les investissements. La conséquence immédiate de cette politique monétaire est la poursuite des prêts bancaires à des taux très favorables, du développement des entreprises (passant par des exportations favorisées) et de la consommation des ménages.


Cette politique n'est bien sûre pas exempte de risques. Le principal étant l'inflation. Toutefois, celle-ci semble maîtrisée et la FED garde comme priorité l'emploi et la croissance. C'est sur ce point notamment que la FED et la BCE (Banque Centrale Européenne) se distinguent, la BCE ayant pour mandat la lutte contre l'inflation mais pas le soutien de la croissance, ce qui lui procure une marge de manœuvre moins importante.


La grande question qui se pose aujourd'hui est de savoir jusqu'à quand les Etats-Unis pourront se permettre d'appliquer cette politique monétaire, certes gagnante, mais extrêmement coûteuse… Ben Bernanke et la FED veulent continuer de l'appliquer tant que les taux d'inflation resteront inférieurs à 2.5% (actuellement à 0.2%) et que le chômage restera supérieur à 6.5% (actuellement à 7.6%).


Cependant les dernières déclarations de Bernanke annonçant un assouplissement éventuel des rachats de la dette pour 2014 ont quelque peu déstabilisé les salles de marché américaines et mondiales ces derniers jours. Preuve en est que la reprise américaine, grâce notamment à la politique monétaire de la FED, est encore fragile. Et si Ben Bernanke est donné partant de la FED, il est peu probable que les mesures extraordinaires prises par cette dernière pour lutter contre la crise prennent fin brutalement. «L'exit» (la sortie des mesures de la FED) dont parlent les professionnels, ne se fera très certainement que progressivement lorsque le retour de la croissance sera assuré.

 

Sources: challenges.fr , lesechos.fr , oecd-ilibrary.org